
Monologue à peine épicé d’une petite chose mais laquelle ?
Un indice de l’endroit où elle se cache en image…
Je ne suis pas loin d’étouffer, ici. Et il fait noir en plus. Nous sommes serrés comme des sardines, étoffe contre étoffe, presque fil à fil, enveloppés par les mêmes effluves de lessive.
Encore quelques instants et il sera l’heure qu’elle ouvre le tiroir. J’inspirerai enfin l’air que j’aime tant : celui de son linge, de son parfum et de sa peau.
Quand elle ouvrira, je sais qu’elle se mettra à fouiller un peu, qu’elle cherchera ce qu’elle désire parmi nous. Il faut dire que nous sommes assez nombreux, un peu trop à mon goût. Quand elle parcourt certains magasins, elle ne peut s’empêcher de céder à la tentation de ce qu’elle nomme son « péché mignon » : développer encore un peu plus notre collection, variant inlassablement les motifs, les aspects ou encore les textures qu’elle ne dévoile pourtant presque jamais.
J’entends maintenant ses pas tout près, ses doigts de fée vont bientôt venir parcourir et caresser chacun de nous.
Qu’elle me choisisse cette fois-ci ! Qu’elle me prenne et me choisisse moi !
Alors, elle me dépliera et ce seront toutes mes fibres qui céderont sous ses doigts. Mes fibres délicates et légères comme une plume. Je brillerai enfin. Enfin, un peu, car je suis seulement satiné. J’embrasserai d’abord ses adorables orteils, puis son cou-de-pied avant d’envelopper la finesse de ses chevilles. Je remonterai encore à son rythme lorsqu’elle continuera de me déployer, de m’étirer jusqu’à ce que je fonde sur ses courbes lisses, sur le galbe de ses cuisses que je viendrai enfin épouser d’une étreinte ferme et délicate, tout en dentelles.
J’enserrerai sa cuisse et elle m’attachera. Je retrouverai mes liens, la soie, les pinces.
Caché au reste du monde, j’accompagnerai l’onde de chacun de ses pas des heures durant. À de rares occasions, je ravirai ses yeux mutins lorsqu’elle me regardera, intime et secrète. Alors j’épouserai son regard espiègle, pour lui dire tout mon amour et la sublimerai encore et encore. Je la sublimerai et gagnerai chacune des notes de son odeur dont je n’aurais jamais été si proche.
Que suis-je ?
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